Des usages et des méthodes qui évoluent
Autrefois, les briérons « vivaient » du marais : ils y puisaient la nourriture, la tourbe pour se chauffer ou pour la vendre, le roseau pour couvrir les habitations et le « noir » (débris végétaux se décomposant partiellement pour former une vase noirâtre) pour enrichir les jardins ou pour l’exportation. Sur les prairies humides,les bêtes étaient mises à pâturer. Toutes ces activités vitales ont façonné le marais. La coupe du roseau et l’extraction du « noir » dans les marais ont notamment entretenu celui-ci, limitant son comblement. Aujourd’hui, les habitants de Brière ne sont plus « dépendants » du marais. Le nombre d'usagers participant à son entretien a considérablement diminué. La roselière a gagné beaucoup de terrain sur les prairies et les plans d’eau. Pour lutter contre cette progression, des moyens (entretien et restauration du réseau hydrographique et des praires inondables) sont mis en œuvre par les gestionnaires (commission syndicale de Grande Brière Mottière et syndicat mixte d’aménagement hydraulique du bassin du Brivet), les usagers et le Parc naturel régional de Brière. Ces actions de préservation permettent de réduire ce comblement et d’y apporter une nouvelle richesse. Exporter la matière organique : une nécessité Afin d’éviter ce comblement, il est indispensable d’extraire le « noir » du marais, ainsi que les matières sèches de roseau qui s’accumulent dans la roselière. Le Parc naturel régional de Brière et la commission syndicale de Grande Brière Mottière procèdent, à des travaux de curage des canaux et plans d’eau au moyen de pelleteuses mécaniques et d’une drague-suceuse. La drague réalise des travaux de curage des canaux et plans d'eau (copis et piardes) en période de hautes eaux et elle intervient dans le curage du réseau de canaux de la partie centrale du marais, inaccessible aux pelleteuses ainsi qu'à tout engin d'entretien classique. | 
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| Mais cette méthode n’est pas entièrement satisfaisante : les vases extraites sont déposées sur les bords des canaux et plans d’eau. Les volumes et surfaces en jeu sont quant à eux considérables et par conséquent, les coûts d’extraction onéreux.
Il convient de trouver des débouchés commerciaux à ces produits pour que cette action soit viable économiquement. |
De la valorisation des produits au développement durable La valorisation des produits du marais, avec le maintien et le développement des pratiques agricoles sest la condition sine qua non pour un entretien durable et à grande échelle de la zone humide. Pour valoriser ces matières organiques commercialement, il convient de bénéficier de conditions économiques favorables. Pour le roseau : la vente comme matériau de couverture semble être une voie toute tracée avec un marché local d’environ 200 000 bottes par an et une demande européenne plus forte que l’offre. C’est sans compter les différents obstacles liés à son exploitation : difficultés de mécaniser, nécessité de disposer de surface d’un seul tenant susceptible de produire du roseau de qualité suffisante, etc… | 
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| Pour la vase organique : compte tenu de ses qualités agronomiques, une valorisation horticole est possible. Le « noir » peut ainsi entrer dans la composition de terreaux « écologiques ». Depuis quelques années, le Parc de Brière, la commission syndicale de Grande Brière Mottière et la société « Florentaise » qui fabrique et commercialise des terreaux et supports de culture, ont expérimenté l’exploitation de cette matière organique. Une convention-cadre a été signée entre la CSGBM et la Société FLORENTAISE le 5 octobre 1999 à Saint-Malo-de-Guersac. Cette dernière définit les principes de base des interventions de la Société FLORENTAISE en Grande Brière Mottière. Un arrêté préfectoral signé en mai 2005 autorise la Société Florentaise à exploiter des installations d’extraction de noir de Brière, à procéder à l’égouttage et au stockage temporaire des matériaux extraits aux conditions définies dans cet arrêté. Les dispositions de l’arrêté s’appliquent à l’ensemble des installations concourant à l’extraction du noir de Brière à des fins de valorisation hors site. L’extraction de matériaux autorisée porte uniquement sur le noir de Brière qui correspond au dépôt actuel de vase organique à l’exclusion des sédiments anciens et fossiles (sable, argile, tourbe). En savoir plus sur la Florentaise : www.florentaise.fr/entreprise.php?part=2
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Cette solution pérenne économiquement permet la reconquête des plans d’eau et s’inscrit dans une véritable démarche de développement durable. L’entretien du réseau hydrographique est essentiel pour diverses fonctions de la zone humide : - fonctionnement hydraulique - fonctionnement écologique ; le réseau hydrographique est l’un des maillons de l’écosystème du marais briéron. De son état d’entretien dépendent la qualité du peuplement piscicole et le maintien d’espèces patrimoniales telle que la loutre - usages locaux - l’agriculture : accessibilité de certaines zones de pâturage en bateaux - loisirs : pêche, chasse, naturalisme - tourisme
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La récupération du noir, c’est quoi ? Depuis 2005, les vases extraites toute l’année par la drague sont stockées dans des lagunes pour être décantées et récupérées à des fins de valorisation.
Une fois égoutté, la vase organique appelée « noir de Brière » est mise en andain à l’automne en bordure des canaux. Du 1er janvier au 31 mars, il est acheminé par une barge sur une aire de stockage périphérique où il est chargé dans les camions à destination des sites de transformation de la Florentaise.
Créé en 1973, le groupe Florentaise est l’un des leaders français dans le secteur des terreaux et supports de culture. L’entreprise fabrique et commercialise une gamme complète de terreaux, engrais organiques et fertilisants pour le jardin.
Au cœur d’une réflexion globale sur la réduction des intrants non renouvelables comme la tourbe, le « noir » de Brière entre dans la composition d’un terreau labellisé WWF, un gage de respect pour l’environnement en terme d’emballages, de sur conditionnement et de transport.
L’évacuation du noir a démarré en 2006 sur le site de Kerfeuille et s’est poursuivit en 2008. En contre partie, la société Florentaise contribue au programme annuel de travaux de curage de la commission syndicale et du PNR par la réalisation de lagunes (2 en 2006 et 2007) et la restauration de piardes (une en 2007).  |
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Quelques chiffres:
- La productivité primaire de la roselière est de l’ordre de 20 tonnes de matière sèche par ha et par an, soit plus de 100 000 tonnes de débris végétaux par an sur le marais indivis (6000 ha de roselières). - 130 km de canaux à entretenir |
En savoir plus sur la tourbe et les tourbières
Colloque international Tourbe et tourbières de 2007
http://www.pole-tourbieres.org/ Actes_Colloque.htm
Extrait de l'Echo des Tourbières sur la valorisation du noir N° 15 - février 2008
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